Consommation de substances | Ophea Teaching Tools

    Consommation de substances

    Parler de la consommation, de la mauvaise utilisation et de l’abus de substances

    Lors de l’enseignement de ce sujet, il est important d’être conscient des expériences et des décisions des élèves concernant la consommation de substances, mais également de l’influence possible de leur entourage (amis, frères et sœurs, parents, communauté dans l’ensemble, etc.). [1] Lorsqu’on parle de la consommation, de la mauvaise utilisation et de l’abus de substances, il est important que les élèves comprennent ce que l’on entend par « substances ». Les jeunes utilisent plus souvent le mot « drogues » pour désigner les substances. Il existe plusieurs types de substances, ou drogues, qui peuvent être utilisées par les jeunes. Les boissons énergisantes contenant de la caféine, le cannabis, l’alcool, le tabac, les médicaments en vente libre et sur ordonnance en sont tous des exemples.

    La relation personnelle qu’ont les jeunes avec les diverses substances peut avoir un impact important sur leurs croyances et leurs valeurs. Les stéréotypes et les croyances peuvent avoir un impact de plusieurs façons sur les élèves, comme ceux dont la foi ne permet pas l’utilisation de certaines substances ou ceux pour qui la consommation de drogues fait partie de leur vie. [2] Ces suppositions et ces croyances peuvent avoir un effet sur la perception des risques que peuvent avoir les jeunes relativement à certaines substances ainsi que sur les décisions qu’ils prennent quant à la consommation de substances particulières. Par exemple, plusieurs jeunes personnes ne considèrent pas l’alcool comme étant une drogue, puisqu’on peut s’en procurer légalement dans notre société. En réalité, l’alcool est la substance la plus utilisée par les adolescents, et lorsque les jeunes en consomment de façon excessive, ils peuvent en sous-estimer les dangers. [3] Les enseignants peuvent aider les élèves en leur fournissant de l’information factuelle sur les risques particuliers associés à la consommation des différents types de substances et sur la façon de réduire les méfaits associés à ces risques. (Les enseignants pourraient souhaiter lire le résumé rédigé par l’organisme Parent Actions on Drugs qui offre aux adultes de l’information sur les différents types de substances, ainsi que sur les risques associés à la consommation de chaque substance. Cliquez sur le lien suivant pour y accéder : http://parentactionondrugs.org/wp-content/uploads/2012/08/PAP-French.pdf)

    La perception des jeunes à savoir si leurs pairs utilisent ou non des substances peut aussi avoir un impact sur leurs propres choix concernant l’utilisation de substances. Les jeunes personnes surestiment souvent la mesure dans laquelle leurs pairs consomment des substances. En Ontario, plus du tiers des élèves de la 7e à la 12e année ont rapporté ne pas avoir consommé de drogues/substances au cours de la dernière année. [4]  Avant d’entamer une discussion avec les jeunes à propos des substances, les enseignants pourraient discuter avec eux de leurs perceptions relativement à l’utilisation de drogues étant donné que cela peut aider à mettre en contexte l’ampleur réelle de la consommation de substances parmi leurs pairs. De plus, avant d’entamer des discussions avec les jeunes au sujet de la consommation de substances, les enseignants devraient se renseigner au sujet des substances qui sont actuellement le plus souvent consommées ou utilisées inadéquatement par les jeunes afin de s’assurer que ces discussions au sujet des dangers potentiels sont appropriées et pertinentes. (Il est possible d’obtenir plus d’information sur la consommation de drogues chez les jeunes en consultant le Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario - Résumé en français contenu dans le rapport en anglais. Cliquez sur le lien suivant pour y accéder : : http://www.camh.ca/en/research/news_and_publications/ontario-student-drug-use-and-health-survey/Documents/2013 OSDUHS Docs/2013OSDUHS_Detailed_DrugUseReport.pdf)

    De plus, les enseignants doivent bien comprendre les différences entre les concepts de consommation, de mauvaise utilisation et d’abus de substances et expliquer clairement ces différences lors des discussions avec les élèves. [5] La « consommation problématique de substances » est un concept parfois employé pour décrire l’utilisation de substances d’une façon pouvant être néfaste. [6] Le concept englobe la mauvaise utilisation de substances, décrivant la consommation de substances de façon illégale ou la prise de médicaments à des fins non médicales, et l’abus de substances, décrivant la consommation excessive de substances en dépit des méfaits sur les plans physique, mental, émotionnel, social, juridique ou financier que cela peut causer à l’utilisateur ou autrui. Les enseignants peuvent aider les élèves en évitant de faire des suppositions, en étant attentifs pour des indices qu’un élève peut avoir besoin de soutien (p. ex., un élève dont le comportement et la pensée ont changé de façon négative), et en les aidant à obtenir du soutien additionnel au besoin. 

    Aborder les liens entre la consommation de substances et la santé mentale

    La consommation problématique de substances, la santé mentale et la maladie mentale sont souvent étroitement liées. Le Sondage sur la consommation de drogues et la santé des élèves de l’Ontario (Ontario Student Drug Use and Health Survey) rapporte que 7 % des élèves de la 7e à la 12e année de l’Ontario ont éprouvé une combinaison d’au moins trois des problèmes suivants : détresse psychologique, consommation d’alcool à risque, comportement antisocial, problème de consommation de drogues. [7] Bien que la consommation problématique de substances, les problèmes de santé mentale et la maladie mentale coexistent souvent, il est important de noter que l’un ne cause pas nécessairement l’autre. Dans certains cas, les causes peuvent être très différentes, ou un dénominateur commun peut être en cause (facteur génétique, biologique, de personnalité ou environnemental). [8] Par exemple, des évènements traumatiques (facteur environnemental) peuvent mener à des problèmes de santé mentale et à la consommation problématique de substances. Dans d’autres cas, la maladie mentale peut contribuer à la consommation problématique de substances; l’alcool et les drogues peuvent être utilisés comme moyen de composer avec une maladie mentale, mais peuvent aussi en aggraver les symptômes. En déterminant les liens possibles entre la santé mentale et la consommation de substances, les enseignants peuvent aider les jeunes à reconnaître les situations lors desquelles leur humeur pourrait influencer leurs décisions concernant la consommation de substances et aussi leur enseigner comment la consommation de substances peut modifier le comportement et altérer le jugement d’une jeune personne.

    Meilleures pratiques pour l’éducation en matière de consommation de substances 

    Plusieurs variables peuvent influencer la décision de consommer ou non une substance. L’approche « Dites non » préconisée dans l’éducation en matière de consommation de substances est une approche fondée sur l’abstinence qui dit aux élèves de s’abstenir d’utiliser des substances, mais qui ne rejoint pas nécessairement les jeunes. Cette conclusion corrobore les résultats d’études montrant que l’approche « Dites non » est trop simpliste et qu’elle n’est pas utile pour les jeunes ou pour les autres personnes tentant de décider si la consommation de substances pourrait leur causer des problèmes. L’approche « Dites non » ne reconnaît pas nécessairement le fait qu’en grandissant les jeunes prennent des décisions de façon émotive et impulsive. [9] Les meilleures pratiques en éducation en matière de consommation de substances amènent l’idée que les enseignants peuvent avoir un impact sur les opinions et les attitudes des élèves ainsi que sur les décisions qu’ils prennent en offrant sur une base continue des occasions de discuter et d’obtenir de l’information, fondée sur les meilleures preuves disponibles, au sujet de la consommation, de la mauvaise utilisation et de l’abus de substances. Qui plus est, il est important d’entamer tôt ces discussions pour que les jeunes aient l’occasion de se préparer et de s’entraîner relativement aux façons dont ils pourraient faire des choix sains en matière de consommation de substances.


    [1] Centre de toxicomanie et de santé mentale. (2002). Programs that work with youth. Sur Internet :  http://www.camh.ca/en/education/Documents/www.camh.net/scoop_sheet_programs_work.pdf

    [2] Consortium conjoint pancanadien pour les écoles en santé. (2009). Aborder le sujet de la consommation de substances psychoactives dans les écoles canadiennes. Sur Internet : http://www.jcsh-cces.ca/images/Substance_Use_Policy_ToolKit_FINAL_French_Aug_11_09.compressed.pdf  

    [3] Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies. (2007). Toxicomanie au Canada : Plein feux sur les jeunes. Sur Internet : http://www.ccsa.ca/Resource%20Library/ccsa-011521-2007-e.pdf

    [4] Boak, A., Hamilton, H.A., Adlaf, E.M., & Mann, R.E. (2013). Drug use among Ontario students, 1977-2013: Detailed OSDUHS findings (avec résumé en français à l’intérieur – Résumé du rapport détaillé sur la consommation de drogues – SCDSEO 2013). Sur Internet : http://www.camh.ca/en/research/news_and_publications/ontario-student-drug-use-and-health-survey/Documents/2013%20OSDUHS%20Docs/2013OSDUHS_Detailed_DrugUseReport.pdf

    [5] Centre de toxicomanie et de santé mentale. (2009). Building teacher confidence and comfort about substance use and abuse: Grades 1 to 10. Sur Internet : http://www.camh.ca/en/education/teachers_school_programs/resources_for_teachers_and_schools/Pages/curriculum_buildingconfidence.aspx 

    [6] Ministère des Services de santé de la Colombie-Britannique. (2004). Every door is the right door. Sur Internet : http://www.health.gov.bc.ca/library/publications/year/2004/framework_for_substance_use_and_addiction.pdf

    [7] Boak, A., Hamilton, H.A., Adlaf, E.M., & Mann, R.E. (2013). Drug use among Ontario students, 1977-2013: Detailed OSDUHS findings (avec résumé en français à l’intérieur – Résumé du rapport détaillé sur la consommation de drogues – SCDSEO 2013). Sur Internet : http://www.camh.ca/en/research/news_and_publications/ontario-student-drug-use-and-health-survey/Documents/2013%20OSDUHS%20Docs/2013OSDUHS_Detailed_DrugUseReport.pdf

    [8] Association canadienne pour la santé mentale. (2014). Information rapide : La santé mentale/la maladie mentale. Sur Internet : https://cmha.ca/fr/faits-saillants-sur-la-maladie-mentale#.Vqk3yEAsDSg

    [9] Parent Action on Drugs. (2014). Trousse d’action pour les parents. Sur Internet : http://parentactionondrugs.org/wp-content/uploads/2012/08/PAP-French.pdf